Anne Soupa, évêque !
(English below)

Bonjour,

Comme beaucoup de catholiques, vous avez peut-être appris avec joie, lundi 25 mai, la candidature d’Anne Soupa à l’archevêché de Lyon (https://bit.ly/itvAnneS).
Comme nous, vous souhaitez peut-être apporter un soutien visible au geste courageux de Mme Soupa et participer à ce que sa candidature soit plus qu’une simple séquence médiatique.

La nomination d’un évêque est un processus confidentiel et secret : le nonce – ambassadeur du Saint-Siège en France – propose unilatéralement au Pape 3 noms de prêtres après une série de consultations. S’il le juge à propos, il peut éventuellement demander leur avis à des laïc‧que‧s.
Nous avons décidé de prendre les devants. Nous avons envoyé au nonce apostolique une lettre recommandant la candidature d’Anne Soupa à l’archevêché de Lyon, signée par 150 baptisé‧e‧s de l’Église catholique.
Parmi eux, des laïc‧que‧s mais aussi des ordonnés (diacres et prêtres), des religieuses et des théologiennes féministes francophones parmi les plus reconnues. Les signatures viennent de France, mais aussi de Belgique, Suisse et du Canada.

Mais cela n’est pas suffisant. Nous devons signifier massivement notre soutien à Anne Soupa et notre souhait de voir notre Église avancer vers plus d’égalité – entre laïc‧que‧s et ordonnés, entre femmes et hommes.

Vous aussi, écrivez au nonce pour recommander la candidature d’Anne Soupa à l’archevêché de Lyon.

En union de prière,
Alix Bayle, cofondatrice du PA.F – collectif pour une PArentalité Féministe
Anne Guillard et Valentine Rinner, cofondatrices du collectif Oh My Goddess!

NOMBRE de LETTRES ENVOYÉES : 377

Lettre de recommandation

À l’attention de Celestino Migliore, nonce apostolique auprès de la France pour le Saint Siège,

En notre âme et conscience, nous attestons qu’Anne Soupa a toutes les qualités requises pour être nommée archevêque. Les critères clairement recensés dans la constitution Lumen Gentium du Concile Vatican II confortent notre jugement : bibliste et conférencière, Anne Soupa est en pleine mesure d’accomplir la charge principale de l’évêque, à savoir « d’enseigner […] et de prêcher l’Évangile » (LG §24 et §25). Théologienne, elle dispose également de toutes les connaissances approfondies exigées.
Trente-cinq années d’expérience sur le terrain, fondatrice de 2 associations catholiques réputées, elle a traversé avec persévérance le naufrage du schisme silencieux de l’Église en témoignant d’« une foi solide, […] du zèle de l’âme, [et] de la sagesse » (canon n° 378).
À 73 ans, tout concourt à prouver qu’elle a jusqu’à présent accompli sa vocation baptismale de manière remarquable.
Enfin, nous pouvons lui savoir gré, par son combat inlassable pour l’égalité effective des femmes et des hommes dans l’Église et la responsabilisation des laïc‧que‧s, de sa fine « compréhension des signes des temps » si chère à l’institution.

Le seul critère qu’Anne Soupa ne remplit pas, la seule chose qu’elle a faite de travers toute sa vie, c’est d’être une femme. Ce simple « F » sur son état civil la disqualifie a priori de l’accès à la prêtrise et donc au ministère épiscopal, comme un reproche formulé par l’institution ecclésiale à la moitié de l’humanité.

Peut-être que la candidature d’Anne Soupa vous choquera, parce qu’elle n’est pas ministre ordonnée et qu’elle est une femme. Mais ce qui fait réellement scandale à nos yeux, c’est le fait que notre institution religieuse soit gouvernée par une hiérarchie d’hommes ordonnés qui exclut de la gouvernance celles et ceux qui ne sont pas « Pères », entretenant un flou dangereux dans la distinction entre le pouvoir, le sacré et le masculin. Et si, avec saint Paul, les chrétien‧ne‧s revendiquent de n’être plus sous le joug de la Loi, que justifie alors cette interdiction des hautes responsabilités dans l’Église aux baptisé‧e‧s non-ordonné‧e‧s ? La mise sous tutelle de 99 % des catholiques contrevient, vous en conviendrez, à une Église qui se dit porteuse d’un Évangile de liberté et d’égalité pour tous les humains.
La candidature d’Anne Soupa nous rappelle avec urgence que la distinction millénaire entre laïc‧que‧s et clercs à laquelle le concile Vatican II a pourtant mis fin, est encore effective dans le patriarcat clérical qu’est la hiérarchie actuelle. Nous sommes tou‧te‧s appelé‧e‧s à être apôtres ; il est temps de transformer ce dogme en réalité. Il est temps, comme nous y invite le pape François, de mettre fin à ce qu’il dénonce comme le cléricalisme.
Imaginez seulement : une archevêque laïque ! Sûrement, parce qu’elle a subi les discriminations d’une institution et d’une société patriarcale, Anne Soupa saura d’autant mieux ouvrir l’Église à tou‧te‧s celles et ceux que notre institution discrimine et dont l’exclusion blesse chaque jour davantage le Corps du Christ.

Dès lors, nous espérons que vous sentirez avec nous le vent nouveau qu’Anne Soupa fait souffler par sa candidature pour tou‧te‧s les baptisé‧e‧s. Pour nous qui, majorité silencieuse, nous sentons chaque jour plus poussé‧e‧s hors du parvis de l’Église, l’espoir renaît. Déjà, l’audace et la liberté de cette candidature nous rappellent l’invitation des Évangiles. Elle rend crédible l’annonce du Dieu qui y est proclamé, celui qui exhorte sans fin les femmes comme les hommes à l’amour et à la justice.

Vous aussi, recommandez Anne Soupa au nonce.

Anne Soupa, évêque !

Letter to the Nuncio

To Celestino Migliore, Apostolic Nuncio to France

In good faith, we believe that Anne Soupa has all the necessary qualities needed to become archbishop. The criteria clearly stated in the constitution Lumen Gentium at Vatican II: as a biblicist and lecturer Anna Soupa will be able to fully accomplish the main mission of a bishop: “to teach […] and preach the Gospel”. As a theologian, she has all the necessary needed knowledge.
With thirty-five years of firsthand experience and as the founder of two renowned Catholic organisations, she has persevered through the silent schism of the Church while showing “solid faith, an earnest soul and knowledge.”
At the age of 73, her lifework proves that up until now, she has accomplished her calling in an outstanding manner.
Finally, thanks to her tireless fight for gender equality in the Church and the accountability of lay persons, we must commend her deep “understanding of the signs of the times” dear to the institution.
The only requirement Anne Soupa does not fulfill, her only failure in life, is that she is not a man. As things stand, the mere presence of the word “Female” on her birth certificate would automatically disqualify her from accessing priesthood, and consequently the episcopal ministry. It is as if the Church were telling all women – over half of humanity – that they are not good enough.

As she is not an ordained minister and because she is a woman, Anne Soupa’s candidacy will perhaps be shocking to you. But what is in fact outrageous for us is that our religious institution is governed by a hierarchy of ordained men excluding from its governance those who are not “Fathers”, therfor cultivating a dangerous confusion between power, divinity and masculinity. Christians – with Saint Paul – claim to be liberated from the bonds of the Law. What is left to justify banning the baptized from the Church’s highest ranks? Putting under guardianship 99% of Catholics is contrary to the promotion of a Gospel of freedom and equality amongst all human beings.

Anne Soupa’s candidacy is an urgent reminder that, while the thousand-year old distinction between lay persons and the clergy was abolished by the Second Vatican Council, it is in reality perpetuated by the patriarchal, clerical structure that still constitutes today’s Church hierarchy. We are all called to become apostles. It is time this dogma becomes reality. It is time to answer Pope Francis’s encouragement to end what he condemns as clericalism. Can you only imagine – a lay archbishop! Because she has suffered discrimination by an institution and a patriarchal society, Anne Soupa will in no doubt know how to open the Church to all the men and women against whom our institution discriminates, and whose exclusion wounds every day more the Body of Christ.

We hope you will feel with us the new lease of life brought by Anne Soupa’s candidacy. For us, the silent majority, who every day feel more and more forced away from the Church’s doorsteps, our hope is strengthened. Already, the boldness and freedom of this act reminds us of the Gospel. It recognizes the God we preach, a God who endlessly urges women and men to love and make justice.